Un instantané des orchestres au temps de la pandémie

Visual for the SurveyPour souligner le premier anniversaire de la pandémie qui a suspendu les activités des orchestres et des organismes culturels partout au Canada, nous plongeons dans des données nouvelles sur la situation des orchestres. L’Enquête nationale sur les répercussions dans le secteur culturel, dont Orchestres Canada a été le fer de lance et dont les résultats ont été publiés au début de l’année, reflète les réponses reçues de 728 organismes, y compris 73 orchestres. Une comparaison entre les orchestres et les organismes culturels en général aide à jeter de la lumière sur certaines tendances clés qui peuvent aider les orchestres à se préparer en vue de la reprise graduelle qui les attend.  

 

1- Les orchestres estiment avoir été laissés pour compte par les mesures de soutien gouvernementales

Dans l’ensemble, les orchestres étaient moins positifs que les organismes culturels en général à propos de nombre de programmes de soutien gouvernementaux.  En effet, 57 % des orchestres, contre 45 % de tous les organismes culturels, ont dit ne pas être admissibles à la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC). Dans l’ensemble, les orchestres étaient moins portés à donner une cote positive à la plupart des programmes de soutien gouvernementaux :

2- Les orchestres sont à l’avant-garde de la tendance vers le travail à domicile

Près des trois quarts (72 %) des travailleurs des orchestres ont travaillé de leur domicile durant la pandémie. Même après une future reprise, 50 % de l’effectif orchestral continuera sans doute à travailler de la maison. Cette proportion est le double du niveau enregistré avant la pandémie (26%) et supérieure à celle notée pour l’ensemble des organismes culturels (42 %).

3- Les orchestres sont enthousiasmés par le numérique

Les orchestres tendaient à avoir eu des expériences plus positives en matière de programmation numérique que les organismes culturels en général; en effet, 49 % ont déclaré que la programmation numérique avait dépassé leurs attentes contre 35 % de la totalité des organismes artistiques. Il est intéressant de noter que les orchestres plus portés que ces derniers à dire qu’ils ont l’intérêt, la capacité, le savoir, le matériel, la technologie et la vitesse Internet nécessaires pour opérer un virage numérique.

4- Près d’un orchestre sur trois est dans une situation périlleuse, les autres sont dans un circuit d’attente

Au total, 31 % des orchestres étaient fermés ou évaluaient leur capacité à rester ouverts. En général, les orchestres se sentent plus éloignés d’une reprise que les autres organismes. Ils étaient beaucoup plus portés à dire que l’importance attachée aux activités, à la reprise et à une aide après la pandémie constituait un obstacle à l’obtention de fonds (10 % pour les orchestres contre 2 % pour l’ensemble des organismes culturels). Paradoxalement, les orchestres tendent à être plus optimistes quant à leur capacité à se remettre de la pandémie (74 %) que l’ensemble des organismes culturels (67 %).

5- Pertes énormes sur le plan professionnel pour les particuliers

Depuis le début de la pandémie, 83 % des artistes et travailleurs culturels du secteur orchestral ont perdu au moins une part de leur travail; d’ailleurs, 13 % ne travaillent plus dans ce secteur.  En moyenne, les répondants avaient travaillé dans le domaine des arts depuis 23 ans. Au moins 71 % des répondants ont dit s’attendre à un revenu inférieur à ce qu’ils avaient initialement prévu. La proportion de ceux qui s’attendaient à un revenu inférieur à 20 000 $ (35 %) avait triplé comparativement à ce qu’elle était avant la pandémie (13 %). 

En outre, les particuliers s’attendent à toucher une plus grande part de revenu de sources autres qu’artistiques; en effet, seulement 68 % du revenu de ces artistes et travailleurs culturels viennent actuellement d’activités artistiques, contre 80 % avant la pandémie. Environ le tiers d’entre eux affirment qu’il est peu probable qu’ils travaillent encore dans le domaine des arts et de la culture dans trois mois (février 2021).

6- Accroissement du niveau de stress et d’anxiété

Environ quatre fois plus de travailleurs culturels signalent des niveaux élevés ou très élevés de stress et d’anxiété aujourd’hui comparativement à la période avant la pandémie. Résultat encore plus révélateur, aucun répondant ne signalait un niveau très élevé de stress avant la pandémie, contre 33 % aujourd’hui. Les femmes sont plus portées que les hommes à indiquer des niveaux élevés de stress et d’anxiété aujourd’hui qu’avant la pandémie, alors que la différence avant la COVID était minimale.

7- Des liens plus solides parmi les membres d’Orchestres Canada 

Les organismes affiliés à Orchestres Canada (60 %) tendent, plus que l’ensemble des organismes culturels participants (48 %), à se tenir au courant des faits au moyen de réunions nationales entre pairs. En outre, environ les deux tiers (64 %) des répondants affiliés à Orchestres Canada disent se sentir informés au sujet des mises à jour sectorielles et gouvernementales, soit une proportion plus élevée que celle de 49 % signalée par tous les particuliers participants. Bravo à la communauté d’OC!

 

Source : Enquête nationale sur les répercussions dans le secteur culturel, janvier 2021

Les Canadiens sont-ils prêts à revenir aux arts ?

Le mardi 22 septembre, Nik Nanos, scientifique de données en chef et fondateur de Nanos Research, a partagé les résultats de la dernière enquête ARTS (Arts Response Tracking Survey), un partenariat entre Affaires / Arts, le Centre national des Arts et Nanos Research, qui a sondé plus de 1 000 Canadiens pour évaluer leurs attitudes sur le retour et le soutien aux arts à travers le Canada. Le travail de terrain pour cette étude a été achevé le 30 juillet 2020 et visait les amateurs d’art canadiens. 

Ces dernières conclusions donnent un aperçu utile aux organismes artistiques, en particulier aux collecteurs de fonds, pour aider à orienter les modèles de programmation et de collecte de fonds.

ARTS s’est concentré sur trois axes : 

1- La date de retour, qui a permis de suivre l’impact de la pandémie et le moment où les amateurs d’art prévoient de revenir.

2- Les conditions de retour, qui a permis de déterminer les mesures de précaution que les amateurs d’art canadiens souhaitent voir mises en place avant de retourner aux manifestations artistiques et culturelles.

3- Les dons, qui ont permis de saisir les activités de dons déclarées pour 2019, 2020 et projetées jusqu’en 2021 afin de comprendre l’impact immédiat probable de la pandémie et de planifier pour 2021. 

 

Conclusions :

La date de retour : 

En ce qui concerne les activités culturelles en salle, 23 % des amateurs d’art canadiens y retourneraient immédiatement, tandis que 38 % ont déclaré qu’ils attendraient 6 mois en moyenne avant d’y retourner. Une personne sur trois n’est toujours pas sûre d’y retourner.

En ce qui concerne les activités culturelles en plein air, 37 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles y retourneraient immédiatement, 30 % attendraient 5 mois en moyenne et 1 personne sur 3 n’est toujours pas sûre d’y retourner. 

Les musées et les galeries d’art sont les lieux dont les amateurs canadiens sont le plus incertains, avec 43 % qui disent ne pas savoir quand ils y retourneront. 

 

Conditions de retour :

Les amateurs de culture disent de plus en plus que les masques sont une précaution qui leur permettrait de se sentir à l’aise pour assister à une manifestation en personne. Cela sous-entend un alignement avec les recommandations de santé publique. 

Pour les spectacles en salle, 40 % des spectateurs (contre 27 % en mai) qui prévoient d’assister à un spectacle immédiatement après la réouverture souhaitent porter un masque. 

Quant à ceux qui prévoient attendre 1 à 5 mois avant de retourner assister à des spectacles, 43 % ont déclaré vouloir des masques (contre 29 % en mai). 

Les chiffres sont très similaires pour les spectacles en plein air : le consensus est que les gens se sentiraient beaucoup plus en sécurité si les précautions comprenaient des masques. 

 

Les dons :

En 2019, 43 % des consommateurs de culture ont fait des dons aux organisations artistiques et culturelles, pour un montant moyen de 158 $. En 2020, on s’attend à ce que ces chiffres diminuent : 39 % des personnes qui fréquentent les lieux culturels s’attendent à faire un don de 126 $ en moyenne, ce qui représente une baisse de 20 % par rapport à 2019. 

Le bon côté des choses, c’est que l’année 2021 semble prometteuse : 42 % des personnes interrogées ont l’intention de faire un don de 222 $ en moyenne, ce qui représente une augmentation de 40 % par rapport à l’année en cours. 

Nik Nanos a souligné le fait que les organisations artistiques seront durement touchées cette année. Toutefois, selon la conjoncture économique, il est probable que les dons reprennent en 2021. 

 

Il est à noter que la tranche d’âge des 35-54 ans prévoit donner moins en 2021. Cette baisse sera toutefois compensée par une augmentation du montant des dons de la cohorte des 55 ans et plus : leur générosité devrait se poursuivre en 2021. 

 

Cinq panélistes ont participé à une discussion après la présentation :

1- Wesley J. Colford du Highlanders Theatre a partagé une histoire à succès inspirante; cette compagnie de théâtre relativement jeune, basée à Sydney, en Nouvelle-Écosse, s’attendait à faire faillite d’ici août 2020 en raison de la pandémie. Au lieu d’abandonner, elle a lancé un programme appelé « Radical Access », dans le cadre duquel elle est passée de la vente de billets à un modèle de sociofinancement en demandant des dons mensuels. Ce modèle a connu un grand succès et la compagnie a déjà atteint 98 % de son objectif de financement.

2- Irfan Rawji, du musée Glenbow de Calgary, a parlé des finances et de ce que le gouvernement canadien pourrait faire pour aider les organisations artistiques. Il a souligné l’exemple d’un programme du gouvernement britannique qui couvre 50 % des factures des restaurateurs les lundis, mardis et mercredis. En substance, le gouvernement permet au public de choisir les restaurants qui survivront. 

3- Monica Esteves, directrice générale de Canadian Stage à Toronto, a dit avoir mené un sondage auprès de son public en juin et avoir appris que celui-ci était préoccupé par la compagnie et sa survie. En même temps, le public n’était pas prêt à prendre des engagements à long terme. En réponse, Canadian Stage programme et vend ses activités en « mini-saisons » de trois mois et continuera à le faire au moins pendant les douze prochains mois. Le conseil d’administration examine les progrès réalisés et approuve les plans par tranches de trois mois, ce qui permet à l’organisation de réagir rapidement aux situations émergentes.   

4- Claire Sakaki, directrice générale de Bard on the Beach (Vancouver), a parlé de son Festival, qui existe depuis 31 ans et qui présente généralement 300 spectacles dans un lieu emblématique de Vancouver pendant les mois d’été. La vente de billets et les dons représentent la plus grande partie de ses 9 millions de $ de revenus annuels. Transcendant l’emplacement physique, la compagnie s’est rapidement donné une nouvelle image pour devenir « Bard Beyond the Beach » avec un logo temporaire et a lancé « Bard in your Heart », axée sur les donateurs. Dans un même temps, elle a réimaginé toutes ses activités sur des plateformes virtuelles, allant des (spectacles – vous ne l’avez pas dit ?) aux visites des coulisses et au dîner annuel.

5- Jayne Watson, PDG de la Fondation du Centre national des Arts, a parlé des efforts du CNA pour garder les donateurs connectés et heureux en cette période de grande incertitude.  Elle a souligné le lien étroit entre les projets attrayants et la générosité des donateurs, en mettant en avant des initiatives telles que le financement par le CNA de 12 compagnies de théâtre pour qu’elles présentent des spectacles socialement distants, et le succès continu de la série de spectacles gratuits en direct « Canada Performs ». Elle a également souligné le fait que le CNA est passé du traditionnel gala d’automne à un programme axé sur les dons individuels, y compris un programme de jumelage des dons. 

Présentation de la réunion 

Vidéo de la réunion

Ressources utiles pour en savoir davantage sur les inégalités raciales dans les arts et le secteur sans but lucratif

À la fin mai, le décès de George Floyd aux États-Unis et de Regis Korchinski-Paquet au Canada, chacun d’eux aux mains de la police, a provoqué un mouvement international de condamnation du racisme anti-Noirs et de la brutalité policière. Au cours des mois suivants, des policiers canadiens ont aussi tué Chantel Moore, Rodney Levi et Ejaz Choudry, renforçant les appels à l’action pour traiter de la violence policière contre les communautés PANDC au Canada. On décèle maintenant à l’échelle du pays un sentiment croissant d’urgence dans la lutte contre le racisme systémique. Ces enjeux n’existent pas uniquement dans le contexte de l’application de la loi; la suprématie blanche et l’iniquité systémique sont répandues dans tous les secteurs, y compris ceux des arts et des orchestres. Nombre d’intéressés ont produit des textes sur les arts et le secteur sans but lucratif pour expliquer ces iniquités et offrir leurs réflexions sur l’allure que pourrait prendre le changement à long terme.

Liste de lecture compilée par Nina Jeftic, coordinatrice d’équité, Orchestres Canada (été 2020)

Il faut agir contre le racisme et les discriminations ! Entretien avec Webster, juin 2020

Webster, un artiste hip-hop de la région de Québec, examine pourquoi la pandémie a sensibilisé les gens aux problèmes du racisme; il explique des concepts pour mieux les comprendre. Il dit qu’il ne suffit pas de comprendre certains de ceux-ci et ajoute que les arts jouent un rôle essentiel dans la transmission des problèmes sociaux. Webster se spécialise dans la présence des Noirs et l’esclavage au Québec. Pour en savoir plus, visitez : http://www.websterls.com/#intro

Le racisme des autres ne saurait masquer le nôtre, Stéphane Baillargeon, juin 2020

Stéphane Baillargeon affirme que le racisme aux États-Unis ne doit pas être une distraction par rapport au racisme qu’on trouve au Canada. Il cite Robyn Maynard qui dit : « Quand on se compare, on cherche sciemment à éviter l’auto-examen ». Maynard explique que la pandémie a montré au pays que les Noirs et les Autochtones sont plus vulnérables; il ne faut pas demander un retour à la normale, il faut changer le système.

Le racisme systémique… Parlons-en!, Ligue de droits et libertés

Ce guide produit par la Ligue des droits et libertés touche à plusieurs thèmes importants qu’on doit aborder dans une discussion du racisme systémique. Il offre des explications au sujet du racisme et donne le vocabulaire nécessaire pour avoir des conversations constructives à ce sujet. La Ligue de droits et libertés offre beaucoup de ressources pour comprendre le racisme et la discrimination. Consultez : http://liguedesdroitsqc.org/racismeressources/

Pour un processus d’équité culturelle : Rapport de la consultation sur le racisme systémique dans le milieu des arts, de la culture et des médias à Montréal, Diversité Artistiques Montréal,2017-2018

Ce rapport comprend les résultats d’un an de consultation avec des personnes racisées qui travaillent dans les arts, la culture et les médias. Il offre une analyse des pratiques excluantes, de leurs causes et de leurs impacts. Il inclut aussi 31 recommandations pour le milieu à partir de 6 axes : sensibilisation, représentation, recrutement, financement, mécanismes de médiation et d’intégration dans les arts, références et mécanismes de recours. Pour d’autres publications de DAM, visitez : https://www.diversiteartistique.org/publications/pole-recherche/

Briser le code, documentaire

Le documentaire ‘Briser le code’ suit Fabrice Vil dans son explication du « code » existant au Québec, c’est-à-dire les « attitudes et comportements que les personnes racisées et autochtones doivent utiliser pour se fondre dans la majorité sans déranger ». En conversation avec plusieurs autres, Vil prouve que le racisme existe toujours au Québec et les gens doivent encore se masquer derrière « le code ».

Plan d’action pour la diversité culturelle 2016-2019, Conseil des arts et des lettres du Québec

Le plan d’action pour la diversité culturelle du CALQ identifie des objectifs importants pour mieux soutenir les artistes et les organisations dans leurs efforts en vue d’améliorer la diversité culturelle. Il y a trois catégories d’objectifs, dont chacun est associé à plusieurs actions visant à l’atteindre.

Racisme et discrimination systémiques dans les arts Analyse et réflexions sur le parcours du Conseil des arts de Montréal, produit par Daisy Boustany, octobre 2019

Ce mémoire, produit par Daisy Boustany, rend compte de l’analyse entreprise par le Conseil des arts de Montréal pour aborder les problèmes complexes du racisme et de la discrimination systémiques qui se trouvent dans le milieu artistique à Montréal et au Québec. La posture, l’équité et le financement responsable et équitable sont trois disciplines sur lesquelles le CAM s’appuiera pour concevoir ses prochaines étapes.

Mémoire- Consultation publique sur le racisme et la discrimination systémiques, Culture Montréal, octobre 2019

Ce mémoire est le résultat d’une consultation publique sur le racisme et la discrimination systémiques. Il présente le contexte de la consultation, les constats et le fonctionnement des institutions culturelles municipales, en plus d’inclure des recommandations. Culture Montréal reconnaît qu’il reste encore un travail considérable à faire pour corriger les obstacles systémiques et créer plus de ressources pour les créateurs issus de la diversité.

 

Déclaration sur l’iniquité raciale

Alors qu’Orchestres Canada est le réseau national des orchestres canadiens, notre siège social est situé sur le territoire traditionnel et cédé par traité des Michi Saagiig Anishinaabeg. Nous sommes reconnaissants envers les Premières Nations de leur diligence et de leurs enseignements en ce qui concerne notre terre et nos relations. Nous respecterons leurs enseignements.

Les événements racistes des dernières semaines visant les communautés noires nous ont désolés.

Nous reconnaissons que notre société est bâtie sur – et grandement affaiblit par – le racisme systémique.

Orchestres Canada est vouée à l’existence d’une société juste pour tous.

Nous sommes résolus à appliquer des mesures soutenues et efficaces, se manifestant par nos pratiques internes et notre prestation de services aux orchestres et à la musique qu’ils partagent.

Conscients que nous avons beaucoup à apprendre, nous abordons cette tâche importante avec humilité et transparence, guidés par nos collègues ayant un vécu à cet égard. Leurs conseils constituent de précieux dons.

Nous invitons les orchestres canadiens à recruter des Noir.es, des Autochtones et des personnes de couleur pour des postes décisionnels, tels que des administrateurs et administratrices au sein des conseils d’administration, des bénévoles, des travailleurs et travailleuses culturel.les ou encore des leaders dans le domaine artistique.

Nous invitons les orchestres canadiens à accueillir des artistes noir.es, autochtones ou de couleur sur leurs scènes comme des chef.fes d’orchestre, des interprètes, des solistes, des compositeurs et des compositrices, des mentors ainsi que des créateurs et des créatrices.

Tant que les orchestres canadiens ne seront pas totalement ouverts et accessibles, Orchestres Canada les encouragera à adopter des stratégies externes et des pratiques internes propices à la création d’un réseau inclusif d’une grande diversité de leaders, d’artistes, de travailleurs et de travailleuses culturel.les, de bénévoles et de spectateurs et spectatrices.

En 2016, à la fin de de notre conférence nationale, nos membres nous ont demandé de redoubler nos efforts afin de comprendre et d’éclairer les démarches actuelles et futures des orchestres sur les plans de l’inclusion, de la diversité, de l’équité et de l’accessibilité. Depuis, ce travail a été au centre de nos préoccupations et a nourri les recherches, le partage des connaissances, les modes de réunion ainsi que les pratiques de nomination et de recrutement d’Orchestres Canada. Ce qui suit représente une courte liste des ressources que nous avons mis en place; plus de ressources sont disponibles ici.

Ressources d’OC

Autres ressources pertinentes

Pour des orchestres de jeunes ouverts et une musique inclusive

Photo, Ian RitchieLettre d’Ian Ritchie, conférencier à la conférence nationale d’Orchestres Canada de 2019, aux membres d’OC au sujet du rapport L’orchestre retentit.

Ayant déjà participé aux conférences organisées par vos prédécesseurs de l’Association des orchestres canadiens au début des années 1990, quand je présidais l’Association of British Orchestras et dirigeais le Scottish Chamber Orchestra, j’étais ravi d’avoir été invité de nouveau à participer à vos récentes délibérations à Ottawa. Conscient du caractère palpitant de la période d’innovation et de changement que traversent les orchestres de nos pays respectifs, ainsi que de l’ingéniosité stratégique et de l’effort créatif si clairement à l’œuvre dans nombre d’orchestres canadiens, je vous semblerai peut-être présomptueux d’ajouter des suggestions à votre liste de réponses déjà bien réfléchies au récent rapport L’orchestre retentit. Mais je prends une chance!

L'orchestre retentitJe préconiserais l’établissement d’« orchestres » de jeunes « ouverts », communautaires et socialement inclusifs, en partenariat avec des orchestres professionnels à l’échelle du Canada, comme réponse stratégique et pratique aux revendications exigeantes et catégoriques incluses dans le rapport. Ces orchestres seraient inspirés du modèle du Setúbal Youth Ensemble que j’ai développé au cours des cinq dernières années dans le cadre de mon festival de musique au Portugal. En bref, grâce à un processus d’auditions ouvertes excluant toute hypothèse quant à une structure orchestrale eurocentrique, l’Ensemble résultant a permis de recruter et de conserver environ le quart de ses membres auprès de groupes de tradition auditive, venant de la population locale d’immigrants des anciennes colonies portugaises d’Afrique et d’Amérique du Sud, et un autre quart composé de jeunes à besoins spéciaux et aux prises avec diverses incapacités, tandis qu’environ la moitié des membres viennent du milieu traditionnel de l’éducation musicale, tous étant choisis en raison de leur talent. Comme l’instrumentation dépend des jeunes musiciens retenus plutôt que l’inverse, il n’y a pas de répertoire standard. Toute la musique de l’Ensemble doit donc être spécialement composée ou arrangée pour le groupe : cela a créé des occasions de création uniques pour une génération nouvelle de compositeurs et nécessité des combinaisons inhabituelles d’instruments (y compris l’utilisation de la technologie accessible, au besoin) et l’invention de notations spéciales pour permettre la participation des membres incapables de lire la langue musicale traditionnelle. Cet Ensemble est « l’orchestre de jeunes » officiel de Setúbal.

Je crois qu’il sera important pour les orchestres, s’ils veulent réagir avec résonance au rapport L’orchestre retentit, de poursuivre leur évolution positive et gérable, plutôt que de provoquer une révolution soudaine et éventuellement dommageable. Le modèle Setúbal peut appuyer cette approche en suscitant une action décisive et en veillant à ce que toute « révolution » qui s’impose soit menée par les générations nouvelles et émergentes de musiciens qui misent sur la collaboration. Les ensembles de ce genre – qui formeront des communautés musicales jeunes, novatrices, adaptables, inclusives et diversifiées – auront de bien meilleures chances que les orchestres matures, établis et bien sûr moins souples, de persuader les conservatoires et universités d’écouter leurs revendications en faveur de transformations fondamentales dans leurs parcours d’enseignement et de formation, ainsi que d’y répondre. Ces parcours sont actuellement trop étroits et insuffisamment balisés pour aider les musiciens issus d’une tradition non eurocentrique ou autochtone à faire de véritables progrès; ils sont aussi complètement inaccessibles pour la plupart des personnes ayant des incapacités physiques, des difficultés d’apprentissages et d’autres besoins spéciaux.

Bref, l’adoption du modèle du Setúbal Youth Ensemble, adapté en fonction de chaque ensemble et de chaque communauté, aura pour conséquence, au lieu d’imposer les hiérarchies classiques de l’Occident et ses pratiques en matière de leadership, d’instrumentation, de répertoire, de notation et de méthodes de répétition, de favoriser l’inclusion dans le processus de divers genres musicaux (selon la composition diversifiée du groupe), d’œuvres et d’arrangements nouveaux, de l’improvisation, de la créativité mutuelle et d’échéanciers réglables. Cette approche n’est pas nécessairement coûteuse; elle est accessible pour les jeunes musiciens de tous les milieux et peut aider à répondre aux préoccupations exprimées par les défenseurs de l’équité, surtout parmi la population autochtone. En plus, elle multiplie pour les compositeurs et autres artistes créateurs les occasions de collaboration; elle peut promouvoir la musique comme forme artistique et plus largement sur divers fronts, y compris celui de son potentiel éprouvé mais inexploité sur les plans du développement, de la santé et du bien-être personnels. Cela aurait un succès retentissant!

Ian Ritchie (Londres, Angleterre, juillet 2019)

Blogue d’invité : L’Orchestre Métropolitain pour la jeunesse

Rencontrer les jeunes et rendre la musique toujours plus accessible sont des priorités pour l’Orchestre Métropolitain. Chaque année, les initiatives éducatives de l’OM suscitent l’émerveillement de plus de 11 000 jeunes sur tout le territoire montréalais, par l’entremise d’un programme éducatif en deux volets : l’OM pour les écoles et l’OM pour la relève.

L’OM pour les écoles donne lieu à des rencontres significatives entre les élèves et nos musiciens, que ce soit par la tenue d’ateliers musicaux dans les écoles ou l’accueil de groupes scolaires à nos répétitions ou à nos concerts. Un bel exemple d’activités : la réalisation d’expositions ! Comme en décembre dernier, alors que les œuvres d’un groupe d’une quinzaine d’enfants inscrits à la maternelle à l’école Notre-Dame-des-Neiges décoraient les foyers de la Maison symphonique, pour le plus grand plaisir du public. Les élèves, venus assister à la générale, ont pu visiter leur exposition, et faire cadeau de l’une de leurs œuvres à notre chef Yannick Nézet-Séguin. En amont de cette sortie, ils s’étaient familiarisé avec le Concerto pour piano de Schumann, au programme du concert, et avaient reçu la visite du chef Nicolas Ellis, collaborateur artistique à l’OM, qui a répondu à toutes leurs questions.

L’OM pour la relève a pour objectif d’offrir une tribune aux jeunes musiciens et de soutenir leur développement grâce, entre autres, à du mentorat et des classes de maîtres. Les préludes OMdes prestations musicales qu’offrent des jeunes musiciens talentueux en préambule aux concerts de l’OM, en sont un exemple. Ces jeunes assistent ensuite gratuitement au concert, et quelques-uns ont le privilège de remettre les fleurs sur scène aux chefs et solistes que nous recevons. Un autre projet de l’OM pour la relève est la création du Concours OMNI.  Dédié aux jeunes musiciens de 7 à 17 ans, ce concours donnera l’occasion aux candidats de faire valoir leur talent dans un contexte décontracté, favorisant la rencontre de jeunes partageant la même passion et les échanges avec des musiciens professionnels. Ces initiatives sont des plus inspirantes, tant pour les jeunes que pour nos musiciens qui en retirent une grande fierté.

Un très grand merci  à Laura Eaton à l’Orchestre Métropolitain d’avoir écrit cet article.

Rapport comparatif 2017-18

Grâce à notre statisticien, C. Stephen Smith, et les efforts des orchestres d’un océan à l’autre, Orchestres Canada vient de publier le rapport comparatif de 2017-18. Chaque année, Steve recueille des renseignements financiers et des données sur les publics auprès des orchestres membres et produit un rapport comparatif détaillé qui est ensuite communiqué à tous les orchestres participants.

Les résumés par région et par budget sont disponibles sur notre site Web.

Comparée à l’année précédente, 2017-2018 a globalement été une très bonne saison pour les orchestres. Nous avons constaté une augmentation de 7,5 % des recettes. De plus, la « dette nationale » générale des orchestres a baissé à moins de deux millions de dollars. Il s’agit du taux le plus faible depuis la première production de ce rapport en 2004-2005. Les orchestres sont aussi plus efficaces. Il y a eu une baisse générale de 4,5 % du montant dépensé par orchestre pour chaque membre de l’auditoire atteint.